Les causes de l'absentéisme sont-elles évitables ?

Hublo, solution de gestion des remplacements, revient sur les causes de l'absentéisme des personnels paramédicaux dans les établissements de santé.

Hublo, solution de gestion des remplacements, revient sur les causes de l'absentéisme des personnels paramédicaux dans les établissements de santé.

L'absentéisme est un phénomène aux causes multiples. Il questionne notamment le rapport général au travail, ainsi que l’organisation et l’environnement quotidien de l’exercice professionnel.

L'absentéisme : Un phénomène sociétal généralisé

Une infirmière épuisée par ses missions de remplacements effectuées pour compenser l'absentéisme du personnel paramédical dans son établissement de santé.

On peut considérer qu’une certaine forme d’absentéisme des professionnels paramédicaux est « évitable », alimentée par des causes sociétales qui échappent aux établissements.

Parmi ces évolutions sociétales contemporaines on remarque notamment un rapport de plus en plus lointain à la notion de devoir et d’obligation professionnelle, cristallisé par une fréquente perte de centralité, et le développement de la société de loisirs.

Dans les métiers liés à la santé, cette modification de la perception du travail est d’autant plus visible qu’elle est souvent associée à la notion de pénibilité et de manque de reconnaissance. Nous traitons ces points plus en détails dans notre Livre Blanc sur les facteurs d'absentéisme et la gestion des remplacements dans les établissements sanitaires et médico-sociaux.

Le contexte institutionnel, en partie responsable de l'absentéisme

Marteau de président en bois représentant l'impact des conséquences de l'absentéisme du personnel paramédical pour un établissement de santé.

Le contexte institutionnel et ses évolutions jouent aussi un rôle dans le phénomène d’absentéisme des professionnels paramédicaux : la réforme du temps de travail (35 heures) en 2002, la tarification à l’activité à partir de 2004, la gouvernance des établissements en 2009, ou encore la création des groupements hospitaliers de territoire (GHT) en janvier 2016 sont autant de facteurs qui ont poussé les établissements à modifier leurs organisations du travail et à concevoir de nouveaux leviers pour gérer les ressources hospitalières.


Les conditions de travail compliquées des métiers paramédicaux

Infirmière effectuant des missions de remplacement photographiée devant un hopital travaillant à éviter les causes de l'absentéisme de son personnel paramédical.

Enfin les caractéristiques des métiers paramédicaux et de la pratique du soin contribuent directement à l’ampleur du phénomène de l'absentéisme dans le monde médical. Les professions paramédicales présentent des contraintes physiques : travail debout, longues distances parcourues chaque jour, manipulation et déplacement de patients (mise sur brancard, sur lit, ou sur fauteuil roulant), risques d’agression verbale et physique par les patients ou les visiteurs.

Le Directeur des ressources humaines du Centre hospitalier de la côte basque confie :

Les conditions de travail du personnel soignant, qui les exposent davantage aux troubles musculosquelettiques ainsi qu’à une forte charge mentale, sont un facteur d’explication de l’absentéisme chez cette catégorie de personnel.

Les contraintes psychologiques sont également nombreuses : confrontation à la mort et à la douleur, manque de reconnaissance du métier…

A ces difficultés s’ajoutent des contraintes horaires spécifiques au secteur : horaires décalés (prise de service à 6h, nuits entières de travail), journées de 12h, gardes à répétition, travail le week-end et jours fériés, débordement d’horaires ;

Enfin, on peut lister des facteurs d'absentéisme divers parmi lesquels : l’influence du mode de management de la hiérarchie ou encore la problématique du temps de trajet domicile-travail.

Dans ce contexte, la « stratégie nationale d’amélioration de la qualité de vie au travail » (QVT), présentée par le ministère de la santé fin 2016, témoigne d’une prise de conscience des pouvoirs publics. Cette stratégie considère la QVT comme « fondement indispensable à l’atteinte des objectifs de l’hôpital, en termes de qualité des soins et de performance sociale ». Cette impulsion nationale complète ainsi les initiatives locales sur l’amélioration des conditions de travail ou la politique de présentéisme.