Crise sanitaire et Plan Blanc : comment s'organiser en urgence ?

Le déploiement d'un plan blanc à l'hôpital est une entreprise complexe et fastidieuse, particulièrement dans le cadre d'une urgence sanitaire, qui peut être facilitée par l'utilisation d'un outil numérique tel que le module Plan Blanc, développé par la solution de gestion des remplacements Hublo.

Le déploiement d'un plan blanc à l'hôpital est une entreprise complexe et fastidieuse, particulièrement dans le cadre d'une urgence sanitaire, qui peut être facilitée par l'utilisation d'un outil numérique tel que le module Plan Blanc, développé par la solution de gestion des remplacements Hublo.

Le plan blanc est un outil de gestion de crise qui s’insère dans d’autres dispositifs de réponse à des situations sanitaires exceptionnelles (SSE). Élément fondamental de gestion des crises de grande ampleur, répandu en Europe et dans les pays développés, le plan blanc est une obligation légale visant à décrire une organisation destinée à répondre à tous les types de situations de crise possibles, quelles qu’en soient la nature, l’ampleur, l’évolutivité ou la durée.

Chaque établissement de santé public ou privé a la charge d’élaborer son plan blanc, constitué d’un socle commun permettant la maîtrise des fonctions « supports », et de déclinaisons spécifiques en fonction du type de crise (attentat, accident, événement climatique, épisode infectieux...).

Ce plan blanc doit contenir différentes modalités et indications :

  • La mise en œuvre de ses dispositions et de leur levée
  • La constitution et de fonctionnement de la cellule de crise
  • L'adaptation et la mobilisation des moyens humains et matériels de l’établissement
  • L'accueil et d’orientation des patients
  • La communication interne et externe
  • Le plan de circulation et de stationnement au sein de l’établissement
  • Le plan de sécurisation et de confinement de l’établissement
  • Le plan d’évacuation de l’établissement
  • Les mesures spécifiques à la gestion des SSE (accidents nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques)
  • La formation et l'entraînement à la mise en œuvre du plan.

Un plan blanc se déroule en plusieurs étapes :

Deux cadres de santé envisagent les différentes étapes du plan blanc à déployeur dans leur établissement de santé, dans le cadre d'une crise sanitaire..

1. Alerte : Le service receveur de l’alerte (accident grave, attentat, inondations...) transfère l’information aux services participants à la gestion de crise. Le délai entre les premiers signaux d’une alerte et l’arrivée des premières victimes à l’hôpital peut être inférieur à 20 minutes.

2. Déclenchement du plan blanc : Le directeur d’établissement, seul responsable du déclenchement du plan blanc, informe sans délai le préfet de département, qui informe sans délai le directeur général de l’ARS, le SAMU départemental et les représentants des collectivités territoriales concernées.

3. Activation de la cellule de crise : Cet organe de commandement du plan blanc centralise les informations et les transmet aux services. Elle élabore la stratégie de crise, puis coordonne l’action des services médicaux, administratifs et techniques, en s’appuyant sur des procédures connues et rassemblées dans des documents facilement accessibles. Les problématiques opérationnelles à gérer sont multiples pendant cette étape : mobilisation RH (maintien sur site, rappels, arrivées spontanées, organisation de la relève), gestion logistique, accueil des victimes aux urgences et leur répartition dans les services de soins, accueil et information des familles, relations avec les médias et les autorités, régulation de la circulation des véhicules et des accès à l’établissement.

Cas exceptionnels :

☢️ En cas d'incident NRBC (Nucléaire, Radiologique, Bactériologique ou Chimique), mise en place zone tampons, sécurisation des accès, distribution de matériels de protection.

💣 En cas d'incident sur le site (sur-attentat) : transfert des activités sur un autre site.

4. Fin de la crise : Levée du plan blanc par le directeur d’établissement ; Retour d’expérience et actualisation annuelle du plan blanc.

Le plan blanc s’insère dans un écosystème de réponses aux crises sanitaires

Un cadre de santé observe l'écosystème de réponses aux crises sanitaires en milieu hospitalier, puisque différents plans de renfort existent en complément du plan blanc.

Deux plans de renfort existent en complément du plan blanc :

📗 Le plan départemental de mobilisation, qui permet au préfet de mobiliser les ressources du département, lorsque la crise dépasse les capacités d’un seul établissement.

📙 Le plan zonal de mobilisation des ressources sanitaires, élaboré entre les ARS de zone et le préfet de zone de défense, pour faire face aux situations ayant un impact exceptionnel sur l’offre et l’organisation des soins.

Différents schémas d’intervention complètent également le dispositif :

📚 Les plans nationaux : plan national canicule, pandémie grippale, grand froid, etc.

📓 Le dispositif ORSEC (Organisation de réponse de la sécurité civile) : réponse de sécurité civile à différentes situations d’urgence, notamment en matière de secours aux personnes;

📘 Le plan bleu des EHPAD, qui permet la mise en œuvre rapide et cohérente des moyens indispensables lors d’une SSE, avant d’envisager de faire appel à leur site de repli.


De son élaboration à son appropriation, le plan blanc doit concerner tous les acteurs de l’hôpital

Le chef de l'établissement organise le plan blanc en concertation avec tous les acteurs de la communauté hospitalière, afin de garantir la réussite du dispositif.

Sous la responsabilité du chef d’établissement, le plan blanc est élaboré en concertation avec tous les acteurs de la communauté hospitalière (administratif, médical, soignant, médico-technique). Cette dimension collégiale est essentielle pour la réussite du dispositif.

Le pilotage du projet est le plus souvent confié à la direction chargée de la qualité et de la gestion des risques, ou encore à la direction des affaires générales. Les établissements s’appuient sur les schémas de gestion de crises antérieurs au plan blanc et sur les guides méthodologiques institutionnels, pouvant prendre en compte des expériences étrangères. Le plan blanc est arrêté, après avis des instances consultatives compétentes (CHSCT, Directoire, Conseil de Surveillance, CME, CTE). Il est transmis au représentant de l’Etat dans le département, au directeur de l’ARS et au SAMU territorialement compétent.

L’appropriation du plan blanc par les équipes de l’établissement suppose la diffusion d’une « culture de crise. En situation de crise massive et évolutive, la disponibilité intellectuelle est faible, ce qui nécessite d’acquérir une formation préalable : pratique régulière d’exercices (au moins un par an), connaissance des fiches-réflexes individuelles, sensibilisation aux risques NRBC (Nucléaire, Radiologique, Bactériologique ou Chimique). Les personnels hospitaliers doivent pouvoir identifier leur mission, leur rôle et leur action dans leurs domaines de compétences ou d’intervention en sachant que le fonctionnement normal de l’établissement est compromis.